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Définitions.
Le mot écologie vient de deux mots grecs "oikos" et "logos". Le mot "oikos" signifie maison ou habitat et le mot "logos" est la science. Sur le plan étymologique, le mot écologie est la science de l’habitat au sens large, autrement dit la science de l’environnement. Le mot Ecologie a été utilisé, pour la première fois, en 1866 par le biologiste embryologiste allemand Ernst Haeckel (1834-1919) défenseur de la théorie évolutionniste de Charles Darwin. Ernst Haeckel définie l’écologie comme la science qui étudie "les conditions d'existence des êtres vivants et les interactions de toute nature qui existent entre ces êtres vivants et leur milieu".
Dans le sens courant, la définition de l'écologie est liée aux préoccupations environnementales liées aux évolutions climatiques, à la dégradation du cadre de vie local ou planétaire qu'elles soient dues au réchauffement climatique ou aux activités de l’homme. Cette utilisation du mot Ecologie vient de la naissance des mouvements écologiques dans les années 1960. L’Ecologie prend en compte l'action de l'homme sur son environnement afin d'en limiter les conséquences négatives et destructrices : pollution, destruction des écosystèmes, effet de serre, réchauffement de la planète, déforestation ...
Petit historique.
A part Ernst Haeckel, de nombreux personnes furent pionniers de l'Ecologie.
Au cours du XVIII ième siècle et au début du XIX ième siècle, les grandes puissances multiplièrent les expéditions outre-mer, afin de découvrir de nouvelles richesses en faisant l'inventaire des ressources naturelles. Des botanistes, membres de ces expéditions, décrirent de nombreuses espèces : on en connaissaient moins de 20 000 au début du XVIII ième siècle, près de 40 000 au début du XIX ième siècle, et aujourd'hui près de 400 000 espèces. Leur plus grand mérite fut de mettre en évidence la relation entre espèces végétales observées et avec les climats. Ainsi des zones de végétations furent décrites avec la latitude ou l'altitude. C'est la naissance de la Géobotanique.
Elle est l'oeuvre de d' Alexander von Humbolt (1769-1859), un noble allemand, associé à un botaniste français, Aimé Bonpland (1773-1858). Le baron von Humbolt organisa une expédition en Amérique centrale et du sud, qui devait durer cinq ans du 5 juin 1799 au 3 août 1804 avec pour objectif : "Je collecterai des plantes et des fossiles et me livrerai à des observations d'astronomie. Mais là n'est pas le but de mon expédition : je m'efforcerait de découvrir l'interaction des forces de la nature et les influences qu'exerce l'environnement géographique sur la vie végétale et animale.
A la suite de ce périple, von Humbolt publia l' "Essai sur la géographie des plantes" (1805) premier ouvrage de géographie botanique; il sera suivi par d'autres publications dont la "Géographie botanique raisonnée d'Alphonse de Candolle" (1855) à l'origine de l'écologie végétale qui l'oeuvre d'Eugenius Warming. Son premier ouvrage en langue allemande publié en 1895, sera traduit en 1909 en anglais sous le titre "Oecology of plants". Aimé Bonpland, fidèle accompagnateur de von Humbolt et collectionneur de plantes, enrichit le museum de près de 6 000 espèces.
Dans l’ « Essai sur la géographie des plantes », Humbolt imagine déjà une « géographie des animaux ». La zoographie sera crée par Alfred Russel Wallace (1823-1913), naturaliste et voyageur anglais, qui publie « On the geographical distribution of animals » où il pressent le rôle du morcellement des continents dans la généalogie des espèces.
Géographie botanique et zoogéographie étudient la répartition des êres vivants à la surface de la Terre, la seule planète où la vie semble possible actuellement. Cette vie ne se développe que dans des limites bien précises au sein de trois enveloppes ou frontières de la Terre : l’enveloppe gazeuse ou atmosphère, l’enveloppe liquide ou hydrosphère et l’enveloppe solide ou lithosphère. Le géologue autrichien Edouard Suess (1831-1914) proposa, en 1875, d’appeler Biosphère cette enveloppe de vie caractéristique de la Terre. Le mot Biosphère deviendra un véritable concept dans les années 1920 grâce notamment au géologue russe réfugié en France Vladimir Ivanovich Vernadsky (1863-1945). Son ouvrage, « La biosphère », contient les principes fondamentaux concernant les grands cycles biogéochimiques. Cette écologie globale étant trop avancée à son époque passera presque inaperçu.
Il faudra attendre 1935 pour que l’écologiste anglais Arthur G. Tansley (1871-1955) propose d’appeler Ecosystème le système interactif s’établissant entre l’ensemble des êtres vivants formant une biocénose (bios = vie, koïnos = en commun) et leur lieu de vie, le biotope (bios = vie et topos = lieu). Comme tout système physique, il lui faut de l’énergie pour fonctionner et cette énergie s’échange tout au long de la chaîne trophique (alimentaire), nouveau lien entre les êtres vivants.
On considère, généralement, que les termes de biosphère et de biodiversité furent introduits lors de la conférence de Rio de Janeiro (1992), « Le sommet de la Terre ». La biosphère devenait l’objet de préoccupation des chefs d’état qui s’engageait à préserver la biodiversité. L’écologie du XXI ième siècle sera donc une écologie globale, celle de la biosphère et de la biodiversité. Elle va devoir prendre en compte une nouvelle espèce devenue incontournable : L’ Homme.
La naissance de l’Ecologie humaine, dans les années 1920, est attribuée à un groupe de sociologues et journalistes américains à Chicago. Il s’agit des premiers prémices d’une écologie urbaine, où la ville est considérée comme un organisme. Il faut attendre les années 1975 pour que ce constitue, sous l’égide de l’OMS, un groupe de réflexion scientifiques européens qui décident de mettre en place un enseignement d’écologie humaine. Il s’agit d’anthropologues, d’architectes, de démographes, d’écologistes, d’ergonomes, d’ethnologues, d’urbanistes et de médecins qui des approches différentes de l’écologie humaine. Ainsi l’Homme, trop longtemps absent des préoccupations des écologistes, devient leur objet d’étude. Il s’agit de savoir si l’Ecologie humaine sera pour la biosphère malade des hommes (qui fut officialisé à Kyoto en 1997), ce qu’est la médecine pour la santé humaine.
L’Ecologie, comme sciences des interactions, au sens de Haeckel, est-elle devenue la science des écosystèmes. Ceux-ci ne sont pas indépendants et interagissent entre eux au niveau plus global de la biosphère et de la biodiversité. Il assure un équilibre (homéostasie) de l’ensemble de la planète, équilibre menacé par une espèce dont viendraient tous les maux : L’Homme.